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Depuis la fin de l’apartheid, on estime que plus de 3 millions de noirs sud-africains ont rejoint la classe moyenne. Celle ci était jusque-là essentiellement blanche, mais du fait de la démographie, c’est en train de changer à vitesse accélérée; comme beaucoup de choses dans ce pays.

“Pour nous, sud africains noirs, la classe moyenne ou la classe supérieure cela ne signifie pas grand-chose; ce qui est sur en revanche c’est que nous ne sommes clairement plus comme ceux avec qui nous avons grandi.” Pour cette population noire qui a grandi dans les townships, a pu en partir grâce à l’ascenseur social et notamment le Black Economique Empowerement, trouver des repères n’est pas simple.

 

A Johannesburg, la géographie urbaine a une grande importance pour constituer ces nouveaux repères : les quartiers et les communautés sont en encore peu mélangés et habiter ici, faire ses courses là et sortir s’amuser ailleurs est porteur de sens, catégorise, identifie.

C’est pourquoi j’ai choisi de réaliser un road-trip photographique, dans les pas de certains membres de cette population classe moyenne noire de Jobourg.

Depuis les townships de leur enfance où il reviennent bien souvent le week-end (ou qu”ils veulent à tout prix oublier), vers les nouveaux grands ensembles périphériques construit à leur attention et accessibles grâce au crédit facile; pour les plus chanceux, vers ces quartiers de standing encore essentiellement blancs, “dans ces nouveaux quartiers, où les relations sont transactionnels plus qu’autre chose” comme me disait l’un d’eux.

Mon fil conducteur, mon GPS, ma boussole dans ce parcours est bien sur leur alimentation, les lieux d’achat, de consommation, les courses pour la famille, le junk-food englouti dans la voiture avant de retourner au travail ou les saucisses mangées au bout de la nuit après une nuit de danse.

 

Réalisé avec Sophie Bouillon pour le texte ; en commande pour COLLATERAL CREATIONS dans le cadre du projet « Africa, Food for thoughts »

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