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Après le Tibet en 2005, les autorités chinoises organisent avant le J.O de Pekin une campagne d’information en invitant des photographes étrangers à photographier la province autonome du Xinjiang à l’extrême ouest du pays.

J’ai répondu à l’invitation et fut baladé au Xinjiang pendant 3 semaines.

Ce voyage, présenté comme une résidence photographique et mis en place par le Ministère de l’Information via l’agence de photographie nationale (CPA), fut à l’image de la politique chinoise du Xinjiang : minutieusement planifié et très encadré.

Annexé par la Chine au début du siècle, le Xinjiang et les Ouigours, population autochtone, n’ont en effet d’autonome que le nom. Au cours des dix dernières années, la population des Hans au Xinjiang a augmenté de 30% sous l’impulsion du gouvernement qui sinise la province à vitesse accélérée pour s’assurer de son intégration au pays. Les Ouigours sont aujourd’hui presque minoritaires dans leur province.

D’autre part, la relative radicalisation religieuse qui a suivi les mesures de restriction de la pratique musulmane (interdite aux fonctionnaires et aux enfants de moins de seize ans) fut exploitée avec fermeté par le gouvernement chinois qui prétexta la nécessité de la lutte anti terroriste.

Cette politique devrait se poursuivre et peut être encore se durcir –le Xinjiang est aujourd’hui la seule province chinoise où des opposants politiques sont mis à mort- du fait de l’importance stratégique croissante que revêt le Xinjiang et ses réserves pétrolières (80% de celles du pays) aux yeux du gouvernement.

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